Sunday, April 18, 2010

Las Tias


chap 119
Originally uploaded by transamericatrek2009
Une fois que tu as passé la ligne entre les États-Unis et le Mexique, tout change drastiquement. Et cela s’applique également aux enfants. Soudainement, on commence à les voir partout; vendant des gommes chiklets dans les parcs et les aires communes; astiquant des souliers; travaillant dans des petits marchés ou «stand» sur le bord de la route, vendant des légumes, des fruits et de la viande ou travaillant dans des auberges de jeunesse, des hôtels, des buanderies; s’occupant d’enfants plus jeunes; jouant aux guides pour les touristes ou tout simplement en mendiant et en dormant dans les rues.

Combien vont encore à l’école? Combien font ceci en revenant de l’école ou dans leur temps libre? Combien ont lâché l’école? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que beaucoup d’entre eux travaillent, commençant à l’âge de 5 ans. Soit en mendiant, en vendant des objets sans vraie valeur ou en faisant du travail manuel. Certains ont des parents, d’autres pas et sont pris à survivre par eux-mêmes.

Ensuite, vous avez des gens qui disent «c’est assez!» À Leon, au Nicaragua, j’ai eu l’incroyable chance de tomber sur Las Tias, un NGO formé il y a 20 ans par 7 femmes du marché, qui, après avoir remarqué le nombre surprenant d’enfants qui travaillaient dans les marchés et qui n’allaient pas à l’école, ont décidé de faire quelque chose.

Après avoir approché les autres marchands de nourriture pour obtenir des dons pour nourrir les enfants, elles ont ouvert leur premier centre qui servait à donner aux enfants, un endroit où manger, apprendre et vivre.

Aujourd’hui, les centres Las Tias sont formés de deux branches. Une branche vient en aide à environ 50 adolescents, en leur offrant un service de tutorat après l’école, un dîner et des enseignements manuels en coiffure, menuiserie, couture, etc. L’autre branche vient en aide à environ une centaine de jeunes âgés entre 6 et 12 ans, en leur offrant un dîner quotidien, du tutorat et les services de travailleurs sociaux et de spécialistes de la santé. Par exemple, un de leur projet consiste à fabriquer des colliers pour aider les enfants vivant des traumatismes à réduire leur stress et leur anxiété.
À une certaine époque le centre offrait même de la désintox pour les jeunes ayant des problèmes de drogues et d’alcool. Ce programme a été obligé de s’éteindre par manque de fonds, il y a quelques années.

Maintenant âgées de plus de 60 ans, les Tias ont elles aussi leurs propres batailles à gagner, entre-autre un de leurs propres enfants pris avec des problèmes de drogues. Mais un jour à la fois, elles aident leur communauté en produisant des services essentiels pour des enfants qui n’ont pas ces privilèges. En partenariat avec des NGO en Allemagne et en recevant des dons de donneurs individuels privés, les Tias tiennent les rennes serrés. Chaque sous reçu est sagement distribué, car malgré les dons amassés ici et là, ce n’est jamais assez puisque le gouvernement de donne rien du tout!

SVP allez voir les photos sur mon site www.transamericatrek.org dans le dossier Las Tias pour voir un peu plus le travail extraordinaire qu’accomplit cet organisme.

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La Mordita!!!


jf chapman 173
Originally uploaded by transamericatrek2009
Ahh, La Mordita. Cette petite «je ne sais quoi» ou plutôt «je sais exactement quoi…». C’est une petite taxe non officielle utilisée pour avantager la bureaucratie et ses administrateurs. Un petit extra, un «je sais que tu sais ce que je veux, c’est seulement une question de combien!» Traduit simplement, la Mordita veut dire le petite morsure… t’as mordu à l’hameçon… Une taxe de touristes, un pot-de-vin finalement!!! C’est qui fait travailler les gens plus rapidement, plus lentement, ou pas du tout!

Commune en Amérique Centrale, cette pratique habituelle atteint son summum au Honduras, où ils ont perfectionné cet art de la corruption… c’est presque beau… et tout à fait douloureux!!!

Heureusement, grâce au savoir des autres voyageurs que j’ai rencontrés sur la route, j’étais quelque peu préparé à traverser ce qui est connu comme étant les 130 km d’autoroute les plus corrompus au monde!

Tout a commencé aux douanes, qui sont généralement des endroits négligés, constitués d’un mélange de policiers, militaires, chauffeurs de taxis, camionneurs, gens qui «aident» les touristes, échangeurs d’argent, petits vendeurs itinérants et surtout une désorganisation totale.

En approchant, un groupe de personnes se ruent vers le jeep pour m’offrir toute sorte d’aide nécessaire ou non. Une des plus grandes utilités de ses personnes c’est pour les photocopies de documents, et des photocopies on en a besoin d’un montant incroyable et ridicule pour traverser les pays! Je prends habituellement un guide qui me coûte entre 2 et 5 dollars et qui fait avancer le processus pas mal plus rapidement.

Pour ce qui est de la frontière El Salvdor-Honduras, je sais (grâce à l’expérience de d’autres) que je me ferai demander pour des pots-de-vin, La Mordita… La question c’est combien : généralement entre 1$ et 100$… Je savais également que le coût officiel était de 42$, mais dans ma tête, je me disais que 50-60$ ferais l’affaire et que je sortirais rapidement de là…

Je savais en voyant l’agent de douanes, que j’étais dans le trouble : l’homme en charge était le portrait même du stéréotype de la corruption. Grand, gros, en sueur, graisseux… avec un visage qui n’a pas sourit depuis 10 ans. Voici ce qu’il m’offrait. Le prix officiel me permettrait d’attendre pendant trois jours, tandis que 100$ me ferait passer les douanes en 20 minutes! J’ai expliqué à l’homme que ça ne me dérangeait pas d’attendre trois jours, puisque j’avais tout mon équipement de camping avec moi dans le camion et que j’étais prêt à dormir devant son bureau s’il le fallait. Nous avons donc conclu à 8$ supplémentaires pour sortir des douanes en 4 heures… (deux de ces heures étaient en fait ses heures de dîner, où rien ni personne ne pouvait même essayer de l’empêcher de manger).

Après avoir passé plusieurs étapes interminables, notamment faire des photocopies, négocier des pots-de-vin, argumenter… j’ai finalement réussi… jusqu’à ce que j’arrive, quelque 300 mètres plus loin, à un officier non officiel qui m’a refusé le passage sous prétexte qu’il me manquait UNE photocopie!!!

Et là, le plaisir a commencé!!!!!!

Voici comment je m’étais préparé pour éviter de donner tout mon argent aux 11 barrages routiers qui minent le 130km d’autoroute entre le Honduras et le Nicaragua :

Ce que j’avais besoin d’avoir :
2 triangles de sécurité routière
1 extincteur de fumée
1 bande réflexive à l’arrière du camion
Toutes les ceintures de sécurité bouclées
Environ 5 billets de 1$, dans ma poche… et le reste de mon argent caché!!!
1 sourire, 1 rire et le calme maintenu peu importe la situation!!!

Maintenant, voici ce qui s’est passé :

Je me suis fait arrêté 11 fois par la police!

Au premier barrage, le jeune officier m’a demandé mes triangles et l’extincteur (que je lui ai remis avec un grand sourire). IL NE RIAIT PAS!!! Il a ensuite commencé à me traiter de «puta» qui veux dire «fille de joie, louée pour la nuit, et qui a de faible morales…» Après dix minutes de «puta» par-ci et par-là, il m’a demandé de lui donner de l’argent pour qu’il s’achète une boisson gazeuse. Après lui avoir fait signe, avec les mains, que je n’avais pas d’argent, il m’a crié de continuer ma route.

500 mètres plus loin, un autre barrage. Cette fois-ci, l’agent me demandait une liste de officielle provenant des douanes et citant TOUT ce qu’il y avait dans le camion… Liste que je n’avais évidement pas!!! Il me dit ensuite que cela me coûterait 100$ d’amende. Je lui ai répondu : «D’accord, mais je veux la contravention officielle et je vais aller payer à la banque». Il a donc descendu l’amende à 20$. Je lui ai donc répété la même chose. Il a descendu à 5$ et par principe, je lui ai dit la même chose de mon côté. Finalement, je n’ai pas eu à payer… le policier me criait des injures, m’appelait «paysano» qui veut dire «personne de basse classe», mais j’ai continué à conduire jusqu’au prochain…

Ce même jeu a continué et continué pour 11 barrages au total. Je n’ai payé qu’un seul dollar de pot-de-vin à un policier. C’était pour son honnêteté en fait, car il m’a dit en me souriant, qu’il se foutait complètement de mes papiers officiels et qu’il avait besoin d’argent pour mettre de l’essence dans sa voiture… Je lui ai donc donné un dollar en souriant!

Je dois dire que j’étais pas mal nerveux avant de traverser le Honduras. J’avais entendu toutes sortes d’histoires de charges supplémentaires et d’amendes allant de 100$ à 1000$… Finalement, ça ne m’a coûté que 10$ de Morditas… ce qui n’est pas si mal!!!

Mais je dois également dire que l’expérience aurait pu être beaucoup plus stressante si ce n’avait pas été de mes compagnons de route : Jean-Benoit et Simon. C’était devenu un «running gag», après chaque barrage nous nous exclamions de joie dans l’auto, nous gagions sur les montants qu’on allait nous demander aux prochains… Pas si pire la traversée de l’autoroute la plus corrompue au monde!!!

Cheers et SVP envoyez-moi des nouvelles!!!
N’oubliez pas d’aller voir mon site et les photos : www.transamericatrek.org

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