Saturday, February 27, 2010

San Pedro


jf chapman 128
Originally uploaded by transamericatrek2009
J’ai passé les deux dernières semaines à San Pedro de Atitlan, une petite ville de 13 000 personnes sur le bord de Lago Atitlan au Guatemala. Quelqu’un m’a demandé, il y a quelques jours, comment c’était ici… et je n’ai pas su quoi répondre. J’avais peine à trouver les mots pour décrire comment je me sentais à ce moment et à cet endroit. Mais après réflexion et quelques bières, j’espère pouvoir vous l’expliquer.

Imaginez une ville entourée de 3 volcans (dont un encore actif) sur le bord d’un lac d’eau bleu clair. Un lac qui, chaque nuit, est baigné de lumière grâce à des couchers de soleil extraordinaires. Maintenant, imaginez ce même lac souffrant d’extrême pollution, changeant son bleu à un brun opaque et sale et mourant lentement.

Imaginez une vieille ville au terrain accidenté, rien de sophistiqué, des routes pavées de cailloux, d’apiques côtes, la senteur de feu de bois et la fumée qui va avec, après 17h à cause de la quantité massive de tortillas qui sont cuites tous les jours. Des habitants, surtout des Mayans d’origine, qui portent encore les vêtements traditionnels multicolores et qui s’affairent à vendre des trucs au marché ou qui magasinent à une ou l’autre des boutiques qui s’alignent dans les rues.

Imaginez une cacophonie constante de bruits tels que des chiens qui ne cessent d’aboyer, des klaxons, des prêtres qui réclament les croyants dans l’église à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit sans se soucier du fait que les gens dorment à 3h du matin et que le bruit des cloches d’église et de la musique de chant religieux pourraient peut-être les réveiller… En plus, ajoutez à ça des cérémonies religieuses qui incluent les lancements de roquettes à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, nettoyer l’endroit et le libérer des mauvais esprits.

Imaginez une communauté de longue date (des gringos), constituée de voyageurs, hippies et expats, qui opèrent des petits bars et hôtels bohémiens, incluant «La Piscina» dirigée par Daniel, où se déroulent les tournois de Bacci du samedi et les fameux BBQ du dimanche, et qui attirent tous les gens blancs de la place.

Imaginez cette même communauté de gringos, où la drogue est commune et exposée à la vue de tous, où l’alcool coule à flots et où la musique exubérante retentit et fait même compétition aux chants religieux, occasionnant des conflits avec les traditions profondément ancrées dans les morales religieuses des gens locaux.
Imaginez des groupes de «milices» religieuses, allant de bars en bars, armés de roches et de poivre de Cayenne, essayant de faire fermer les établissements opérés par «les diables blancs», courants après les gens, prenant leurs caméras, etc.

Imaginez boire une petite bière dans un pub et soudainement se faire aligner et acoter face contre un mur, se faire chercher par des policiers armés de fusils et de mitraillettes qui cherchent de la drogue…

Alors ce fut ma vie des deux dernières semaines!

S’il vous plait, prenez le temps d’aller voir mes photos sur le site : www.transamericatrek.org

Cheers
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Thursday, February 4, 2010

Sur la route...


Imagen 001
Originally uploaded by transamericatrek2009
Le 20 janvier 2010, je suis assis dans un bar assez médiocre dans le très médiocre Quality Inn à Philadelphie, accompagné de mon nouveau meilleur ami Jean-Benoit, de Joliette. Ça fait à peine 5 heures qu’on se connait, on se fait servir par une serveuse sans sourire et ravagée par les années. Mon Jeep est à environ 15 000Km de moi à Campeche au Mexique et, comme ça m’est arrivé plusieurs fois dans ma vie, je me demande : Comment j’ai fait pour me retrouver ici!!!

Par contre, pour une fois, c’est simple! Après trois fabuleuses
semaines d’hôtels, de plongée sous-marine (incluant une plongée avec des requins de 3,5 mètres de long et des plongées dans des cavernes sous-terraines appelées «Cenotes»), de surprenantes rencontres avec des gens incroyables et un de mes meilleurs party du nouvel an à vie (constituant d’un souper-partage, de la plus grosse mixture de sangria que vous ayez jamais vu et d’une bouteille de vodka à 35 $ au Mambo Café à Mérida!), j’ai déposé ma blonde à l’aéroport et c’est à ce moment que j’ai commencé à m’ennuyer à mourir.

Alors, j’ai fait ce que n’importe qui aurait fait et je me suis
lancé sur le dernier billet qu’il restait pour l’autobus voyageur de
nuit qui se rend de Campeche à Cancun et j’ai acheté en vitesse un
billet aller-retour Cancun-Ottawa de 300$. Après 7 heures de route en autobus, manquant presque l’avion, j’ai quitté le 30°C de chaleur du Mexique pour me rendre au -20°C du Canada dans ma belle ville natale.

Ainsi, j’ai passé deux semaines extraordinaires à la maison, pour
ensuite me retrouver sur un vol sur réservé à Philadelphie. La préposée au comptoir nous a demandé des volontaires qui voulaient demeurer une nuit supplémentaire à Phily en échange d’une nuit payée à l’hôtel, de l’argent pour les repas et un rabais de 200$ sur notre prochain vol avec leur compagnie. Étant donné que je n’avais rien à perdre, que je n’étais pas pressé et que cela me donnerait le temps d’aller voir la statue de Rocky, j’ai accepté. Grâce à cela, j’ai rencontré Jean-Benoit qui était un peu dans la même situation que moi. J’ai compris que nous allions voyager dans la même direction et je lui ai donc offert de se joindre à mon périple.

Nous sommes maintenant le 29 janvier, je suis au Guatemala, je suis malade… (j’ai mangé des fraises que je n’aurais peut-être pas dues). Je suis en train d’écrire ce blog dans une ville de hippies sur le bord du lac Atitlan, entouré de volcans… et encore je me pose la
question : Comment ai-je fait pour me retrouver ici?

Les neuf dernières journées furent des journées de routes… C’était
fou : de Palenque à San Cristobal, il n’y a que 190 km… ça m’a pris
7 HEURES de zig zag dans des routes étroites et montagneuses en passant par 300 bosses de ralentissement (speed bump), en évitant des barrages faits par des enfants qui mendient et en me rendant compte qu’un problème de radiateur à une hauteur de 2400 mètres, ce n’est pas une expérience très plaisante.

Par contre, j’ai vu les chutes d’eau les plus extraordinaires,
j’ai habité le meilleur hôtel de San Cristobal, j’ai rencontré un
gars qui conduit autour du monde depuis les cinq dernières années (vous pouvez aller voir son site web : www.heartofdarkness.com.au), j’ai visité des villages mayas où ils sacrifiaient des poulets dans les
églises et j’ai découvert le Guatemala, un des plus beaux pays que
j’ai visité jusqu’à présent.

Un tournoi de Bacci m’attend cet après-midi, ainsi qu’une poutine
(!!!) offerte par l’ancien directeur de production du journal Le
Devoir, qui s’est réinventé en devenant un des propriétaires de bar
les plus cool au Guatemala.

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