J’ai passé les deux dernières semaines à San Pedro de Atitlan, une petite ville de 13 000 personnes sur le bord de Lago Atitlan au Guatemala. Quelqu’un m’a demandé, il y a quelques jours, comment c’était ici… et je n’ai pas su quoi répondre. J’avais peine à trouver les mots pour décrire comment je me sentais à ce moment et à cet endroit. Mais après réflexion et quelques bières, j’espère pouvoir vous l’expliquer.
Imaginez une ville entourée de 3 volcans (dont un encore actif) sur le bord d’un lac d’eau bleu clair. Un lac qui, chaque nuit, est baigné de lumière grâce à des couchers de soleil extraordinaires. Maintenant, imaginez ce même lac souffrant d’extrême pollution, changeant son bleu à un brun opaque et sale et mourant lentement.
Imaginez une vieille ville au terrain accidenté, rien de sophistiqué, des routes pavées de cailloux, d’apiques côtes, la senteur de feu de bois et la fumée qui va avec, après 17h à cause de la quantité massive de tortillas qui sont cuites tous les jours. Des habitants, surtout des Mayans d’origine, qui portent encore les vêtements traditionnels multicolores et qui s’affairent à vendre des trucs au marché ou qui magasinent à une ou l’autre des boutiques qui s’alignent dans les rues.
Imaginez une cacophonie constante de bruits tels que des chiens qui ne cessent d’aboyer, des klaxons, des prêtres qui réclament les croyants dans l’église à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit sans se soucier du fait que les gens dorment à 3h du matin et que le bruit des cloches d’église et de la musique de chant religieux pourraient peut-être les réveiller… En plus, ajoutez à ça des cérémonies religieuses qui incluent les lancements de roquettes à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, nettoyer l’endroit et le libérer des mauvais esprits.
Imaginez une communauté de longue date (des gringos), constituée de voyageurs, hippies et expats, qui opèrent des petits bars et hôtels bohémiens, incluant «La Piscina» dirigée par Daniel, où se déroulent les tournois de Bacci du samedi et les fameux BBQ du dimanche, et qui attirent tous les gens blancs de la place.
Imaginez cette même communauté de gringos, où la drogue est commune et exposée à la vue de tous, où l’alcool coule à flots et où la musique exubérante retentit et fait même compétition aux chants religieux, occasionnant des conflits avec les traditions profondément ancrées dans les morales religieuses des gens locaux.
Imaginez des groupes de «milices» religieuses, allant de bars en bars, armés de roches et de poivre de Cayenne, essayant de faire fermer les établissements opérés par «les diables blancs», courants après les gens, prenant leurs caméras, etc.
Imaginez boire une petite bière dans un pub et soudainement se faire aligner et acoter face contre un mur, se faire chercher par des policiers armés de fusils et de mitraillettes qui cherchent de la drogue…
Alors ce fut ma vie des deux dernières semaines!
S’il vous plait, prenez le temps d’aller voir mes photos sur le site : www.transamericatrek.org
Cheers
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